La SNCF jugée responsable de la mort d’une adolescente
PLUS DE CINQ ANS après le drame, la responsabilité de la SNCF, dans la mort d’Aurélie Caballero, vient d’être reconnue. Le tribunal de grande instance de Pontoise (Val-d’Oise) a condamné cette semaine la SNCF à verser des dommages et intérêts aux parents de la victime « en raison d’un manquement à son obligation de sécurité ».
« On est satisfaits, confient Pierre et Claire Caballero. Mais cela n’efface pas notre souffrance. » Le couple, particulièrement « attristé de voir que la SNCF refuse d’assumer sa faute », se sent enfin soulagé après une bataille judiciaire lancée « pour que cela n’arrive plus ». « C’est une vraie décision de principe qui va, je l’espère, contraindre la SNCF à moderniser son matériel et à faire de la sécurité des passagers une priorité. C’est une immense satisfaction », se réjouit leur avocat M e Gilles-Jean Portejoie.
Un train qui n’était « pas destiné à prendre des voyageurs »
Pour le tribunal, les manquements de la SNCF « ont concouru à hauteur de 75 % » dans l’accident qui coûté la vie à la jeune fille de 16 ans. En rentrant de l’école, ce 14 mars 2003, Aurélie est allée à la gare de Saint-Leu-la-Forêt prendre le train qui devait la ramener chez elle à Méry-sur-Oise. Elle s’est alors installée à bord d’une rame « qui s’est arrêtée un court instant en gare de Saint-Leu-la-Forêt, comme le fait habituellement le train transportant des voyageurs sur le même quai », constate le tribunal. Seulement, celui-ci n’était « pas destiné à prendre des voyageurs ». Mais « aucun mécanisme de fermeture des portes n’avait été conçu pour empêcher les voyageurs de monter à son bord, s’agissant d’un modèle de train vieux de plus d’une quarantaine d’années ». Les fameux trains gris. Les enquêteurs ont « constaté qu’il est évident qu’une personne arrivant sur le quai après l’annonce faite par haut-parleurs pouvait très bien monter dans ce train en toute bonne foi, pensant qu’il se dirigeait normalement vers Valmondois ». D’ailleurs, poursuit le jugement, « des faits similaires ont été constatés une semaine après l’accident ». Et la SNCF n’a pas produit à la justice d’éléments permettant de « justifier que de telles annonces avaient bien été faites ».
La jeune fille est ensuite tombée en marche, en raison de l’ouverture accidentelle d’une porte ou en tentant de quitter le train après avoir pris conscience de son erreur. Elle a été découverte grièvement blessée le long des voies, en amont de la gare de Méry-sur-Oise et n’a pas survécu.




