Messagepar x58 » 25 oct. 2014, 12:40
Ayant participé aux débats sur le POCL, j'avais entendu plusieurs fois en "off" que ce projet avait la faiblesse d'être présenté par les politiques comme structurant au lieu d'avoir la force de répondre à un besoin créé par l'aménagement du territoire déjà entrepris par les politiques.
En clair, c'était la charrue avant les boeufs. Ou l'oeuf avant la poule.
Il y a des points qui concernent l'activité et l'objet de Sadur dans ce rapport.
Le premier, c'est l'analyse socio-économique qui a justifié l'investissement dans une LGV qui ne tient pas compte du coût pour la société de l'éviction (chercher éviction dans le rapport) du capital investi dans la LGV et pas dans un autre investissement (le RER par exemple)
Le second, c'est dans l'annexe 7, c'est le choix des paramètres du calcul de la rentabilité fixés par la loi LOTI. La valeur du temps du voyageur, le taux d'actualisation des flux financiers du projet, et la valeur seuil du TRI. On voit comment ca marche pour une LGV, on voir que les valeurs ont évolué récemment après des décisions gouvernementales. Là où Sadur est concernée, c'est que les valeurs qui servent à faire des choix sur le réseau d'IdF ne sont pas les mêmes. La valeur du temps économisé par un voyageur en TGV entre Paris et Lyon n'est pas la même que celle du temps qu'il perd dans le RER en allant de Melun à Paris Gare de Lyon chercher son TGV. C'est aberrant.
Il en est de même pour les taux d'actualisation, 8%, utilisé en IdF et qui rendent injustifiables, inévitablement, tout projet d'investissement dans des nouvelles infrastructures telles que le 2nd tunnel où la création de quais supplémentaires à Paris Gare de Lyon surface, ou encore le doublement entre Juvisy et Grigny. Et je ne parle même pas de la justification rendue utopique d'un passage à une signalisation telle que l'ERMTS sur le tronçon central de la ligne D.
Un exemple de ces choix rendus irréalistes avec des assomptions hasardeuses en dbut d'analyse est le POCL (chercher POCL le rapport). Motivé par l'affirmation que la ligne Paris Lyon arrive à saturation, le rapport fait remarquer que la saturation est plus dans les gares terminales et qu'un passage en ERMTS remédiat sans difficulté à la saturation de la ligne...
Bref, il y a du bon dans ce rapport. Reste à savoir combien d'élus qui siègent à la gouvernance des transports publics sauront le lire et s'en servir... Ce sera une question à poser pendant la campagne des régionales.
Il y a un manque cependant. SI la recommandation est de diminuer le nombre de gares desservies par les TGV et de s'appuyer sur l'intermodalité TGV-TER ou TGV-voiture aux extrémités des parcours, comment éviter que l'intensification de l'utilisation de Gare de Lyon se fasse au détriment du RER D?