Messagepar x58 » 23 janv. 2011, 23:50
En fait, je reste attaché au calcul de la rentabilité socio-économique des projets de transports publics. On l'avait vu dans le volet financier du schéma directeur du RER D.
J'en avais déjà parlé, en expliquant que ce schéma faisait une hypothèse fausse sur la valeur d'une heure de client du RER D. Cette valeur a été estimée, de mémoire, à 12€. J'avais commencé à raler en constatant qu'un voyageur TGV, sur les mêmes rails, peut-même un voyageur qui a atteint Paris Gare de Lyon en RER D, a son heure estimée à 19 ou 25€ (de mémoire toujours).
Cette sous-estimation du temps sert à démontrer que l'investissement pour acheter des économies de temps n'est pas rentable. Et on arrive au résultat que vous connaissez tous.
Le PIB annuel français, c'est à dire la somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises en France, plus les salaires du public, c'est presque 2000 G€. Pour créer cette valeur, 38 Gheures sont payées. C'est grosso modo 50€ l'heure, donc très éloigné de 12€
C'est pourquoi j'affirme qu'il faut exiger une révision des méthodes de calcul des rentabilités socio-économiques des projets publics. Elles sont définies par des lois qui ont maintenant une trentaine d'années et elles sont devenues caduques.
Il faut aussi penser au prix du temps quand les objectifs de production du service ne sont pas atteints. C'est douloureux, mais c'est la seule façon de mettre sur une balance d'une part le prix du temps perdu, et d'autre part le prix à mettre pour ne pas le perdre.
Ce n'est pas vraiment du bonus/malus, mais plutôt dépenser maintenant de l'argent, pour ne pas le perdre plus tard en temps perdu.
C'est un raisonnement purement financier, où un investissement consiste à acheter des revenus futurs, cad que le raisonnement porte sur des valeurs et du temps.