J'ai pu en prendre une récemment. Toute rutilante de peinture neuve, ou presque.
Les sièges étaient tout beaux tout neufs. Quel dommage cependant qu'ils soient toujours aussi durs et inconfortables, que l'on condamne l'abruti qui les a choisis à s'assoir dessus 3h par jour, malversation ou stupidité, je suis certain qu'il regrettera son choix

. Une refection aurait pu être l'occasion de revoir cela (les discours sur l'ergonomie sont aussi nombreux, en vogue, et peu suivis que les discours écologiques).
Les fenêtres étaient plus claires, car les vitres ont été changées, mais elles sont déjà marquées par les petits crétins qui sculptent dedans leurs pseudonymes débiles. Peut-être qu'en tentant de leur offrir un espace pour laisser leur marque (un urinoir, un territoire ?) ils arrêteraient ? Non, je pense qu'il vaudrait mieux trouver du verre non rayable, mais à voir les références gravées par le fabriquant, s'il s'agit bien comme je le pense de la date de fabrication, la SNCF doit en stocker encore tellement qu'elle aurait eues à vil prix, qu'on est pas prêt de voir du changement. Et puis après tout, quel besoin ont-ils d'avoir quelque chose de propre ces banlieusards, qu'ils soient déjà heureux qu'on les transporte

.
Le sol, ma foi, c'est probablement une histoire de pratique, voilà bien 20 ans que l'on reconnait, même chez les gens du plus mauvais goût, que le lino c'est pas beau, mais alors en gris, c'est vraiment pourri

. Et bien non, le revoilà, avec la mode actuelle au revival, si ca se trouve, la SNCF est ici en avance de quelques années (mais regardez moi ce sol, quel goût, quel kitch, quelle audace !

).
Il en va de même pour les murs et les plafonds, gris, gris et toujours gris. Quelque décideur se remémorerait-il des paroles de grand-mères ? (le gris, c'est le moins salissant). Peut-être, mais le gris reste très déprimant.
Chose étonnante, on a changé le sol, on a changé les murs et les plafonds, mais on n'a pas changé ces ignobles passages de cables pentus, que l'on trouve aux jointures entre le sol et les murs. Sur le ligne C, ils sont carrés, et bien qu'incommode, on peut au moins y mettre les pieds, et la couleur métallique, c'est pas si moche que ca.
Alors que sur la D, on a des pentes. J'ai été forcé quelques fois de m'assoir faute de place côté vitre, et maintenant, je préfère rester debout. Quel mal de dos que de voyager ainsi tordu, avec une jambe dans l'inconfort permanent, et qui essaie en vain de chercher un appui, pour se voir repoussée constamment.
A celui qui a eu cette idée, plutôt que de passer les cables par en dessous, et pour gagner 3 francs 6 sous, je ne demanderais pas mieux qu'il soit mis au tourment sur son dispositif de torture, mais quelques bonnes claques dans la figure, bien senties, il parait que ca aide à réflechir
Toujours est-il que ces pentes, rayées par des années de glissement de jambes cherchant à sortir de l'inconfort, dans les trains refaits, elles, ne le sont pas.
Du côté des couscoussières, que beaucoup méprisent mais que je préfère largement aux 2 étages, pour les raisons ci-dessus évoquées de siège confortable et de passage de cable ailleurs que dans un lieu entravant la bonne tenue du dos, on a des sièges de couleur. Bon, ils ne jurent probablement pas dans un trip d'un caméléon sous acide, mais même hideux, c'est quand même nettement mieux que le gris partout. Par contre, mauvais point, ils sont peut-être résistants aux entailles des vandales, mais ils doivent beaucoup dans leur conception aux ennemis du dos, qui sont apparement légion à la SNCF

. Et l'on viendra après se plaindre de la santé des gens.
Le reste est plutôt propre et impeccable, le wagon sentait encore le plastique neuf.
Par contre, mauvais point sans amélioration, les chauffages. Et dire que je houspille mes enfants quand ils laissent une lumière allumée pour rien, car il ne faut pas gaspiller, l'électricité, comme se plaisait à le rappeler la télé, c'est nucléaire, et le nucléaire, au plus nos charmants politiques le vantent, et au plus je m'en méfie. Mais là, dans ces wagons innombrables, de service tant d'heures par jour, alors même qu'on nous rabat les oreilles du manque d'alimentation électrique sur la ligne, on a droit à des sièges, colorés certes, chauffés au rouge

, et à des fenêtres ouvertes tout le long du trajet tellement on étouffe.
Si l'on réfléchissait quelques secondes, on se dirait que même payant l'électricité en gros, changer ces convecteurs, sans même penser à la fin de l'inconfort des usagers, serait très très vite rentabilisé.
Mais bon, cela ne sera qu'un pieu voeu de plus, tant les décideurs en matière de wagon semblent les ennemis de la raison.
Au final pour résumer, je dirais que cette réfection c'est une vaste farce, et ca n'est pas parce qu'on peint une crotte en doré qu'elle n'en sentira pas moins mauvais.